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Un Empire à bâtir...

 
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Altarius
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MessagePosté le: Ven 24 Nov 2006 13:23    Sujet du message: Un Empire à bâtir... Répondre en citant

Il pleuvait en cette fin d'après midi. Les rues du faubourg de Tanaris commençaient à se vider, l'heure du couvre feu approchant. Déjà les patrouilles se faisaient plus nombreuses, prêtes à interpeler tout individu suspect. Il me fallait donc trouver rapidement un lieu où passer la nuit. Les tavernes ne manquaient pas dans le quartier, et je franchis la porte de la première venue, répondant au doux nom d'Empire des Délices.

L'atmosphère était suffocante. Cela devait faire un certain temps que la salle n'avait pas été aérée. Il y avait déjà de nombreux clients, allant de soldats en permission aux civils en guenilles, tous cherchant à oublier la routine de leur vie dans les bras de jeunes femmes et dans les vapeurs de l'alcool. Je me dirigeais donc vers le comptoir, d'un pas détendu mais les sens en éveil, car les rixes n'étaient pas rares en ces lieux. En effet, les soldats, cherchant à passer du bon temps avant tout, avaient tendance à limiter les droits des civils présents à celui de servir de souffre douleur. Et cela terminait souvent mal, contribuant ainsi à faire baisser la démographie des classes défavorisées... Une fois arrivé au comptoir, je commandais une bière et demandais une chambre. Le patron m'apporta une choppe pleine puis alla vérifier s'il lui restait des places. Je profitais de ce moment de répit pour regarder une partie de cartes, tout en buvant ce que l'on cherchait à faire passer pour de la bière. Lorsque le gérant revint il m'interpella, me tendant une clef, mais n'acceptant de me la remettre que si je payais tout de suite. C'est à contre coeur que je lui donnais les quelques crédits réclamés, ce qui était trop par rapport à la qualité du service. Il m'indiqua alors que si je souhaitais prendre du bon temps il faudrait ajouter un supplément. Je dus décliner son offre, n'ayant pas les moyens de me permettre un tel luxe.

Il y a deux types d'homme au sein de l'Empire, ceux qui sont armés, et ceux qui ne le sont pas. Et malheureusement j'appartenais à la deuxième catégorie, ce qui explique sans doute le fait que le patron vint me réveiller pour m'expulser de ma chambre trois heures seulement après avoir payer mon dû. J'avais beau me plaindre, mon hôte ne voulait rien savoir. La chambre semblait être destinée à un soldat en mal d'affection. Ce dernier, passablement irrité par mon refus de quitter les lieux, m'envoya une droite qui me fit perdre l'équilibre. Je devais encore avoir l'esprit embrumé par le manque de sommeil lorsque je fonçais sur le soldat qui entrait dans la chambre. Toujours est il que celui ci se retouva à terre suite à un coup à la nuque. Savourant mon triomphe, je me retournais pour aller boire un verre. Devant moi se dressaient cinq soldats visiblement peu enclins à la discussion. Je ne sais pas si j'aurais pu vous faire ce récit sans l'intervention d'un sergent assez âgé à la musculature impressionnante. Ce dernier, impressionné par ma performance, m'invitait à le rejoindre le lendemain à dix heures au centre de recrutement du quartier, qui était à deux pas de la taverne. Il glissa également quelques mots au patron, qui eut alors un peu plus d'égard pour moi. Je pus ainsi finir ma nuit sans être inquièté.

Le lendemain, peut avant dix heures, je me présentais au centre de recrutement. Mon bienfaiteur était justement en train de raccompagner jusqu'à la porte ce qui semblait être une jeune recrue. Lorsqu'il me vit, un large sourire se dessina sur son visage.


"Voilà mon champion ! Vous êtes ponctuel, j'aime ça ! Suivez moi." dit il d'une voix forte.

Je le suivais donc dans les couloirs du bâtiment jusqu'à une petite pièce ne pouvant contenir guère plus qu'un bureau, deux chaises et une armoire. Il me proposa un verre de whisky, que je ne refusais pas. Puis il commença son petit discours sur l'armée, ses avantages, sa discipline, la gloire et la fortune qu'elle pouvait apporter. Je m'attendais à ce genre de discours, puisqu'on pouvait le retrouver à l'identique dans toutes les campagnes de propagande impériales. Je n'étais pas dupe, et demandais des informations sur la durée moyenne d'une carrière. Elle pouvait varier de quelques mois à un quarantaine d'année, selon l'affectation. La carrière la plus sûre semblait être celle dans le Génie. Lorsque je demandais plus de renseignements, il me répondait enthousiasmé, l'oeil vif et le verre de whisky à la main :


"Faut avouer que ces planqués peuvent être utiles. Qu'est ce qu'on est content de les voir lorsqu'on est à court de munitions ou qu'on fait halte dans un camp en dur qu'ils entretiennent. Mais ça ne rapporte pas beaucoup de gloire... Si vous voulez une vraie carrière palpitante, faite de gloire et de coup d'éclat, engagez vous dans les sections d'assaut, avec les vrais hommes !"

Il fallait me faire une raison : j'avais un besoin urgent d'argent. Je signais donc mon contrat d'engagement volontaire, mais pas dans les sections d'assaut. Mon choix s'est porté sur les unités du Génie. En effet, gagner de l'argent est une chose, avoir le temps de le dépenser en est une autre.

Quelques instants plus tard, je me trouvais dans la rue, avec un uniforme neuf, un peu d'argent pour acheter mon équipement et un ordre d'affectation à la Légion Impériale du Génie...
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Altarius
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MessagePosté le: Jeu 30 Nov 2006 00:17    Sujet du message: Répondre en citant

Décidement, on ne peut vraiment faire confiance qu'à soit même. Je me suis fait avoir en beauté sur ce coup là.

Il pleuvait. Ca durait depuis plusieurs jours déjà. La tranchée était boueuse, il faisait froid, l'eau s'infiltrait dans nos abris. Je n'avais pas encore compris comment je m'étais retrouvé là. Ce n'était pas le Génie mais les sections d'assaut. Si je tenais l'enfoiré qui m'avait envoyé là !

Tout était calme. Le seul son que l'on entendait était celui des canons lourds de l'Ordre qui pilonaient la région depuis plusieurs jours. Nous avions fini par nous y habituer, nous n'y faisions même plus attention. Le son du canon nous rassurait, car nous savions que tant qu'on l'entendait, nous ne serions pas attaqués. De toute façon leurs bombardements étaient totalement inefficaces, ils tiraient 2 kilomètres trop à l'est. Nous ne nous en étions pas plaint.

Je passais mes journées à entretenir mon équipement. L'humidité était notre seul ennemi pour le moment, et nous luttions inlassablement en astiquant nos armes et armures afin de les garder dans le meilleur état possible. Rien de très glorieux... Au moins nous touchions notre solde sans trop de risque, c'était déjà pas mal.

Oh, un jour j'allais retrouvé celui qui m'avait fait ça, et il allait m'entendre...


Dernière édition par Altarius le Jeu 30 Nov 2006 18:47; édité 1 fois
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Altarius
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MessagePosté le: Jeu 30 Nov 2006 13:54    Sujet du message: Répondre en citant

Les premières lueurs de l'aube envahirent rapidement la région. Il ne pleuvait plus, c'est déjà ça. Mais tout était trop calme, trop silencieux, comme si le monde autour de nous avait cessé de vivre. Les vétérans préparaient leurs armes, vérifiaient leurs chargeurs, leurs grenades, leurs armes blanches. Nous faisions de même. Après tout ils devaient savoir ce qu'ils faisaient, ils en ont vu d'autres. C'est à ce moment que je m'en suis rendu compte : le bombardement, il avait cessé. Il avait été incessant pendant plusieurs jours, nous n'y faisions même plus attention. J'avais comme une sorte d'appréhension. Je savais ce qu'il allait se passer, malgré le fait que ce n'était que la première fois que je vivais une telle situation. Je me remémorais les instructions de l'instructeur, tout en cherchant une position pas trop exposée.

Trois heures déjà que nous étions en position, parés à toute éventualité. Nous étions tous tendus, et nous scrutions l'horizon, à la recherche du moidre détail. Au loin nous entendîmes le grondement sourd des canons. Nous nous préparions à l'impact. En vain, ce n'était que des fumigènes... Je soufflais, étant rassurer par la nature du bombardement. Cependant les vétérans retiraient la sécurité de leurs armes et se mettaient en joue. Puis le silence, encore une fois, toujours aussi pesant. Les fumigènes ne semblaient pas s'estomper, mais nous savions qu'ils approchaient, nous sentions leur présence, malgré le fait que nous ne pouvions les voir. Ces quelques minutes fûrent sans doute les plus longues de ma vie.

Une rafale, un hurlement de douleur. Tous les impériaux ouvrirent alors le feu dans le brouillard. Les mitrailleuses lourdes crachaient leurs dragées par rafales. On ne voyaient toujours personne, mais nous les entendions maintenant. Ils couraient. Combien était il ? Je ne pouvais le dire. Nous tirions dans le vide, mais entendions les gémissements des blessés et des mourrants. En quelques instants toute une compagnie de fanatiques de l'Ordre venait d'apparaître. Ils chargaient, la baïlonnette au canon. Nous donnions tout ce que nous avions, c'était un véritable enfer de feu et de sang. Les hurlements, la détonation des grenades, le son des mitrailleuses lourdes nous avaient plongé dans un état second. Il fallait en abattre le plus possible avant de se faire tuer. Rapidement les premiers ennemis arrivèrent à la tranchée, s'en suivit une furieuse mêlée. Nous étions en infériorité numérique mais avions l'avantage du terrain. Tout se passait très vite, jusqu'au trou noir. Je me souviens seulement de cette sensation de froid au niveau du ventre, d'un sentiement de vertige et de ce brouillard dans lequel je m'enfonçais, irrésistiblement...
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Altarius
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MessagePosté le: Ven 01 Déc 2006 00:03    Sujet du message: Répondre en citant

La lumière... La lumière... Ne pas se laisser distancer... La toucher...

J'ouvrais difficilement les yeux. La lumière d'une lampe à incandescence m'éblouissait. Je ne savais pas où j'étais. J'avais également perdu toute notion du temps. Apparement je me trouvais dans une tente, et j'étais au sec. Je voulais me lever, mais une intense douleur au ventre m'en empêcha. J'essayais donc de faire le point, allonger sur mon lit de camp. Je devais être dans une sorte d'infirmerie, vu le matériel qui m'entourait. Certaines images commençaient à me revenir. Des sons aussi, ceux des explosions, des hurlements, des coups de feu... Puis je sentis une légère brise fraiche, qui me tira de ma torpeur.

Une infirmière venait d'entrer dans la tente. Lorsqu'elle vit que j'étais conscient, elle s'approcha de moi et passa sa main sur mon front. Puis elle me dit avec le sourire :

"Et bien ça va mieux apparement. Vous devriez pouvoir sortir d'ici une semaine."

Une semaine ? Que c'était il donc passé ? Lisant dans mes yeux mon interrogation, elle ajouta :

"Vous avez été blessé lors de la dernière bataille contre l'Ordre. Une vilaine plaie au ventre, probablement un coup de baïllonette. Nous vous avons trouvé gisant dans la boue après la bataille. Vous avez de la chance d'être encore en vie..."

Je soupirais. Mis hors de combat dès ma première bataille, quel exploit ! Au moins j'étais encore en vie. Beaucoup d'autres n'avaient pas eu cette chance.

L'infirmière allait partir lorsqu'elle me dit que nous avions gagné, malgré de très lourdes pertes. Puis elle sortit. C'était toujours ça de pris...

Quelques jours plus tard je pouvais enfin me lever, et je passais mes journées devant la tente, assis dans l'herbe. Il faisait beau, les oiseaux chantaient, une légère brise venait chatouiller le feuillage des arbres. L'infirmière venait me rendre visite régulièrement. Je préfèrais de loin sa compagnie à celle du vieux médecin. Elle était charmante, pleine de ressources et d'attention à mon égard. Cette période de convalence fût l'une des plus agréables de ma vie.

Mais cela ne pouvait pas durer éternellement. Au bout de trois semaines de convalescence je reçus l'ordre de me présenter au quartier général, à Tanaris. C'était à regret que je quittais le camp. Mais je ne devais pas oublier que j'étais avant tout au service de l'Empire, et que, avec un peu de chance, ma contribution me permettrait de revoir cette charmante infirmière dans d'autres circonstances.

Je me dirigeais donc vers Tanaris via le réseau de téléporteurs impériaux...
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Altarius
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MessagePosté le: Mar 09 Jan 2007 22:49    Sujet du message: Répondre en citant

Les faubourgs, la misère, les couvres feu, voilà ce qu'était Tanaris pour moi, avant que je franchisse pour la première fois l'un des postes de contrôle menant à la ville haute. C'est donc à ce jour là que je fis la connaissance de Tanaris la Grande, cité des Lumières, aux larges avenues bordées d'arbres, aux multiples parcs, aux grands bâtiments à l'architecture riche.

J'étais perdu. Cela ne faisait que dix minutes que j'avais quitté le poste de garde, et je m'étais déjà égaré. Au moins j'avais l'opportunité d'admirer les environs, tout en cherchant ma route. Une chose qui me frappa, car je n'y étais pas habitué, était l'absence de patrouille. Après tout ce n'est pas pour rien que l'accès à cet îlot de quiètude était si difficile et contrôlé. Il est cependant dommage qu'une telle paix ne puisse être commune à tout l'Empire... Enfin j'apperçus un homme en uniforme. Il allait certainement pouvoir me renseigner.

Il était relativement grand, portait un monocle et fumait un cigare. Sur son uniforme, qui était impecable, brillait ses insignes de commandant de compagnie, ainsi que celles de son unité. Notre échange fût bref mais fructueux. Il avait été fort aimable, et m'avait indiqué le chemin du Centre de Commandement de manière très claire et précise. Je reprennais donc ma route.

Quelques instants plus tard je me trouvais devant le Quartier Général. Les gardes en faction devant la grille du palais m'indiquèrent la direction du lieu où je devais me rendre, non sans avoir contrôler mon ordre de mission ainsi que mon identité. C'est ainsi que je me retrouvais à attendre dans un couloir, fréquenté par de nombreux fonctionnaires et militaires attachés à différents services administratifs. La patience est une vertu m'avait on dit lors de ma formation. Je ne pensais pas vraiment à ça lorsqu'on me l'avait dit...
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Altarius
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MessagePosté le: Jeu 25 Jan 2007 00:17    Sujet du message: Répondre en citant

Après deux heures d'attente je fus enfin reçu par l'officier qui m'avait convoqué. Il était petit, trop petit pour être soldat d'ailleurs, avec un uniforme un peu trop grand pour lui. Ses petits yeux craintifs ne cessaient de me scrutter. Il semblait nerveux, il ne cessait de réajuster ses grandes lunettes rondes. Il me salua rapidement puis m'invita à m'assoir sur la chaise devant son bureau. Il chercha alors un dossier parmi tous ceux entassé sur son bureau. Il retrouva rapidement celui qu'il cherchait.

"Soldat Altarius, c'est bien cela ? Il semblerait que nous ayons commis une erreur lors de votre affectation. Vous deviez rejoindre la Légion Impériale du Génie. Pourquoi ne pas nous avoir prévenu ?"


J'étais surpris. J'avais pourtant envoyé plusieurs courriers de plainte à l'administration, mais sans réponse. Cependant je préfèrais garder le silence.

"Quoi qu'il en soit, nous allons corriger cette erreur tout de suite. Veuillez me remettre vos papiers militaires."


Je m'executais immédiatement. Il les consultat rapidement, puis en sortit d'autres du dossier, qu'il signa. Il me tendit ses derniers, et déchira les premiers. Puis il afficha un sourire victorieux. Je les regardais rapidement. C'était la même signature que sur les anciens. C'est donc à cause de cet idiot que je me suis retrouvé au front !

"Voilà qui est fait. Vous vous présenterez au poste de contrôle 26 demain à 18 heures. Soyez à l'heure et ne vous trompez pas ce coup ci."

Il m'invita à sortir, me disant qu'il avait encore beaucoup de travail. Lorsque la porte donnant sur le couloir s'ouvrit, un officier de haut rang, assez âgé, se leva. Il entra dès que je fus sorti, j'entendis alors l'officier qui m'avait reçu dire "Bonjour père". Apparement le pistonnage est toujours de mise ici. Mais ce n'était pas grave, le plus important était que j'allais enfin rejoindre mon unité. Cependant il me restait un peu plus d'une journée à attendre...
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